Le col de Mouzoulès
Article de Clément RIBARD paru dans l'«Eglise Libre» n°30 du 26 juillet 1895[2] p 139

extrait du texte :
1. reprise des données de La France Protestante (4, 97) :
"Le dimanche 29 avril 1742 il se tint une assemblée entre Aulas et Aumessas qui fut surprise. Sept femmes expièrent ce crime par la tour de Constance, où elles furent condamnées le 23 Mai (NdW : en fait le 10 juin), mais n'y entrèrent que le 27 (NdW : en fait le 27 juin), à l'exception de l'une d'elles qui, se trouvant dans un état de grossesse avancée, resta à Montpellier : c'étaient ... [suit la liste des sept femmes, toutes sauf Jeanne Valette, et des trois hommes qui] ...furent aussi pris et condamnés le 10 juin aux galères perpétuelles où Goutès mourut bientôt"
2. suite de l'article :
“M. le pasteur Corbière, dans son histoire de l'église de Montpellier (412, 556), donne la note officielle et détaillée des frais occasionnés par ce procès : ils s'élevèrent à 755 livres, 2 sols 6 deniers. Sauf le tiers réservé pour les enfants, les biens des condamnés étaient confisqués.
Anne Falguière entra à la tour avec une fille qui avait cinq mois. Elle devint l'amie de Marie Durand. Sa fille fut élevée par cette prisonnière célèbre [...] Marie Durand écrit d'elle à sa nièce [...] "J'ay une petite avec moy de l'age de 12 ans, fille d'un martyr. Sa mère mange avec moi ; cet enfant est l'admiration de tout le monde par sa modestie et sa sagesse et j'entends très souvent qu'on dit : oh! le brave enfant. Ce sont les soins de Mlle Durand. Je peux bien dire qu'elle m'aime autant que sa propre mère, par l'éducation que je lui donne". Dans une autre lettre elle dit : "c'est bien le plus brave enfant qu'on puisse voir". Nous verrons plus loin que Catherine Goutès savait lire et écrire, puisqu'elle signa l'acte dont nous donnerons copie. Avoir eu pour école la terrible Tour et pour maîtresse Marie Durand n'est pas commun (v. Marie Durand, par M. Benoit pasteur à Montauban pages 209, 221, 229, 242).
Catherine Goutès était encore en prison à 14 ans en 1756. On ne sait pas à quelle époque on jugea à propos de la faire sortir. Une famille Falguière, proche parente de sa mère, résidait à Ganges. C'est dans cette famille que s'est trouvé le psaume qui porte de nombreuses annotations manuscrites sur la dragonnade dans les Cévennes et dont il est parlé dans le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme (VIII, 4). En ce moment de l'histoire de Catherine Goutès, M. Benoit, qui ne donne pas son prénom, dit d'elle : Nous ne savons ce qu'elle est devenue. Voici ce qui lui arriva.
Sortie de la sombre Tour, elle dut visiter ses parents de Ganges, où peut-être elle résida. Ce qui est certain, c'est qu'elle s'y maria avec Pierre Causse, négociant en bas.” [... suit une extrait de l'acte de mariage du 3/4/1772 et quelques commentaires...]
“Catherine Goutès devint mère de cinq enfants :” [suivent les éléments de généalogie connus par Clément Ribard]
Extrait du livre de Clément RIBARD «Notes d'histoire cévenole» pages 136 à 141
en 1898 ou 1899 Clément RIBARD publie son livre le plus connu. Un chapitre est consacré à Mouzoulés, il y reprend largement l'article de 1895.
Cf le site des éditions Lacour, qui ont réédité le livre de Clément RIBARD. On y trouve également de nombreux livres sur les Cévennes et le protestantisme.
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