Le col de Mouzoulès
extrait du livre Itinéraires protestants en Languedoc 1. Cévennes

Le texte intégrale :

p448-9 : “Au col de Mouzoulès, sur la D299 menant de mars à Aumessas, une assemblée est surprise, le 19 avril 1742 (NdW : le 29) : six femmes, trois d'Avèze et trois de Bréau, sont conduites à la tour de Constance (note de bas de page : Une septième, catholique {NdW : que viendrait faire une catholique dans cette histoire ? il s'agit d'Anne Treille, qui dut effectivement abjurer mais qui resta vraisemblablement fidèle à la réligion protestante puisque ses descendants étaient tous protestants[1]}, enceinte, accouche à la citadelle de Montpellier d'un enfant qui ne survit pas : elle est finalement relâchée en octobre 1743), une autre enfermée au couvent du Verbe Incarné d'Anduze, et trois hommes de Campestre, Avèze et Bréau, condamnés aux galères, où ils meurent au bout de quelques mois. Anne Falguière, épouse d'André Goutès, un tisserand de Bréau condamné aux galères, entre à la tour avec sa petite-fille (NdW : comprendre sa fille), Catherine, âgée de cinq ou six mois. Elle y meurt entre 1756 et 1758 (NdW : plus probablement 1760 ou 61), mais Catherine en sortira vers 1758, après avoir vécu ses seizes permières années prisonnières. Eduquée par Marie Durand en personne, elle en reçoit 500 livres, par testament en date du 25 octobre 1760. En 1762 (NdW : 1772!), elle épouse Pierre Causse, un négociant de bas de Ganges. Deux de ses arrières-petits-fils ont été pasteurs à Saint-Jean-du-Gard et dans la Drôme (note de bas de page : Cf. BSHPF, 1923, p 146 et 1970, 3, p. 405; Etienne Gammonet, éd., Lettres de Marie Durand (1715-1776), rééd. Montpellier, Les Presses du Languedoc; 1998; Clément Ribard, Notes d'histoire cévénole, rééd., Lacour, 1996, P136-141 (l'auteur était le neveu du fils ainé de Catherine Goutès, pâtissier de Ganges)).
Une stèle a été érigée au col de Mouzoulès (également marqué par un menhir), deux siècles après l'assemblée tragique, jour pou
r jour, en une autre époque de persécution et de résistance. Elle porte l'inscription : "Des huguenots, assemblés pour célébrer leur culte, furent surpris en ce "désert". Pour rester fidèle à leur foi, ils ont vaillamment souffert le martyre :les hommes aux galères, les femmes à la Tour de Constance. Honneur à leur mémoire. Leurs fils pieux et reconnaissants. Le 19 Avril 1942"”

p452-3 : “Camille Chante signale, au sommet du village de Bréau, sur la droite, une petite maison au linteau de la porte courbé. C'est la maison de la "Prisonnière", d'où seraient parties les trois femmes de Bréau condamnées à la tour de Constance, après l'assemblée du col de Mouzoulès.”

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© Bernard Barral 2003-5